• Plutôt responsables que victimes : la volonté d'agir et de changer
Menu du haut
  • Plutôt responsables que victimes :
    la volonté d'agir et de changer
  • PierreAchard.fr : un blog pour apprendre et encourager le partage

Nous assistons en tant que spectateurs à la montée inquiétante de la haine autour de nous. Ce sentiment d’hostilité profonde se généralise et n’épargne personne. Tour à tour nous sommes l’objet de la haine d’autrui ou au départ d’une répugnance intense envers quelqu’un ou un groupe de personnes. A bas bruit et sans nous en apercevoir, nous sommes témoins et acteurs d’une montée de l’intolérance, du rejet, de l’indifférence et du fanatisme. Tous les préjugés sont bons à prendre. Les plus en vogue sont d’ordre ethnique et religieux. Ils débordent largement les pensées de ceux qui les prononcent. Ils deviennent des  prétextes faciles à évoquer pour justifier parfois l’horreur, le crime et l’exclusion.

On voudrait que celui qui ne partage pas nos convictions viennent à disparaître de notre champ visuel. On voudrait que les différences qui nous séparent soient des frontières infranchissables. Chacun met du sien et ce qui n’était qu’une variante culturelle, devient un obstacle majeur. La haine a réussi à implanter en nous un multiplicateur de violence.  L’objet de notre haine devient pour nous une cible permanente à détruire. Nous feignons le contraire tout en entretenant nos rancunes. Notre stratégie destructrice est classique. Pour  nous attaquer à cet objectif, nous commençons par le dévaloriser suffisamment pour lui ôter tout caractère humain et rendre son élimination politiquement correcte.

La haine l’emporte sur l’amour. Elle  reste souvent difficile à déraciner de nos cœurs aveuglés par les préjugés et les convictions accablantes. Ils ont cessé de battre à la fréquence des humains. Nos contractions cardiaques sont déclenchées par la haine de l’autre, de la différence et de l’inconfort qu’il ou elle introduit dans notre quotidien.

Il n’est pas vrai de dire que l’amour finit toujours par triompher de la haine. Regardons un peu ce qui se passe autour de nous : exploitation de l’autre, enlèvement, séquestration,  humiliation, indifférence, esclavage, prostitution, misère, viol, meurtre, torture et  la liste est bien plus longue.

Amour et haine se retrouvent dans une dynamique freudienne qui fonde notre vie de relation. On se déteste cordialement et pour ne pas trahir le fond de notre pensée, nous créons le politiquement correcte, nous feignant suivre des règles strictes de bonnes conduites, nous justifions nos crimes par des prières hypocrites,  nous perpétuons les guerres saintes et nous refusons à l’autre ce qui lui permet de s’en sortir.  La haine est en chacun avant d’être dirigée contre l’autre.

L’amour n’est pas l’antidote de la haine. Tous deux touchent des personnes qui ne nous sont pas indifférentes parce qu’elles ne partagent pas nos convictions et qu’elles ne font rien pour établir des ponts et des liens avec nous. Tout comme l’amour, la haine nous entraîne dans une cascade de réactions. Toutes sont souvent disproportionnées par rapport à l’évènement qui leur a donné naissance. La neurophysiologie semble dire que tous deux empruntent les mêmes circuits neuronaux. Est-ce une raison pour les laisser faire ?

Pierre Achard

Dr Pierre Achard – Comportementaliste. Conseil en entreprises-Coaching M: 0603083406

 

4 Commentaires

  1. Je pense que si, l’amour est l’antidote de la haine.
    Celui que l’on reçoit, et celui que l’on donne en pardonnant l’offense, tout en restant juste. C’est à dire que le coupable doit être jugé, sanctionné, pour lui laisser sa chance de changer en se rendant compte de sa faute, qui est punie par la loi.

    • Merci pour vos commentaires. Je partage votre remarque quant à la place que doit détenir l’amour dans notre relation avec les autres. Lorsqu’on parle d’antidote, on évoque essentiellement des principes actifs qui neutralisent complètement le produit toxique contre lequel ils s’attaquent. C’est peut-être dans ce sens que j’ai utilisé l’expression: « l’amour n’est pas un antidote. Malheureusement les discours de haine restent peu sensibles au langage de raison et d’ouverture. Merci d’avoir enrichi notre réflexion.
      Pierre Achard

      • La haine, nous pouvons tous la ressentir à un moment quelconque de notre vie. On peut aussi en être l’objet.
        Il semble que certaines personnes manquent à la base d’empathie, ainsi les Asperger ne savent pas ce que les autres ressentent, on les diagnostique assez facilement; par contre, assez proches dans leurs réactions, sont les dyspraxiques, pathologie pas toujours reconnue comme étant un trouble de l’orientation temporo-spatiale, avec pour conséquence, un envahissement de l’espace de l’autre. Certains me disent : » je ne comprends pas l’émotion chez l’autre, alors parfois je l’attaque, parce que je me suis senti agressé ». Cette réaction est reçue par celui qui est visé comme de la haine envers lui.
        Ces phénomènes sont bien complexes, et les humains encore plus ! Lorsque j’entends un patient me dire « je suis incapable d’aimer car je n’ai jamais été aimé » que répondre? Tout comme on sait aussi ,et le Dr Zagury le dit qu' »on échappe à la folie suite à une vie de maltraitances en devenant pervers ».
        Comment faire alors agir la raison, dans ces cas extrêmes ?

        • Je pense tout comme vous, que souvent pour survivre dans un environnement hostile, et pour se protéger, ceux parmi nous qui le peuvent s’enferment dans leurs talents et se retrouvent incapables de communiquer, d’interagir ou tout simplement de maintenir le lien avec ceux qui les entourent. Je me souviens d’un ouvrage très utile dans ce contexte et intitulé « Enough of You, Let’s Talk About Me » qui développe justement le manque d’empathie dans la personnalité narcissique.
          Sans être connaisseur, je crois que dans l’autisme il y a de l’empathie même si elle ne s’exprime pas comme nous avons l’habitude de la décrire. Un manque de communication qui à mon sens se rapprocherait plus du déficit d’imitation de l’interlocuteur, avec pour conséquence un apprentissage très réduit.
          L’Asperger est une entité que je ne connais pas suffisamment pour en parler.
          Merci encore pour vos commentaires

          Cordialement

Et si vous donniez votre avis ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close