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On m’appelle Ebola. Je suis un virus qui se rapproche de ceux qui transmettent les oreillons et la rougeole.  Dans ma famille, nous avons tous un aspect en  fibres  bien caractéristique. Il faut m’éviter à tout prix puisque sauf traitement sophistiqué, les personnes que j’infecte décèdent dans neuf cas sur dix. Parfois un peu moins, mais je fais partie des virus que l’on craint beaucoup. Nombreux scientifiques parlent de moi comme d’un  désastre écologique. Tout comme des cousins éloignés, le charbon et la variole, j’ai interprété le rôle du péril biologique  dans  plusieurs films et romans catastrophe.

Dans la majorité des cas, je réside tranquillement dans les cellules des chauves-souris et je ne m’attaque pas d’emblée aux êtres humains. Ce sont les chauves-souris qui mordent et contaminent un autre animal et tout particulièrement les singes. L’homme n’est qu’un accident de parcours. Il sera infecté en chassant en forêt ou en ingurgitant des viandes qui m’abritent.

Maintenant qu’on a fait connaissance, laissez-moi vous parler de ce que je fais. Je n’ai pas à en être fier. Je préfère vous en parler pour que vous ne me preniez pas à la légère. Mon nom est associé à juste titre à des flambées de fièvres hémorragiques. Ça chauffe et ça saigne et ce n’est jamais bon pour mes victimes.  Vous voulez en savoir plus ?

Le plus souvent, je m’installe sans faire de bruit et mon hôte ne s’aperçoit pas de ma présence pour une période allant de 9 à 21 jours. Pour faire simple, disons 7 jours en moyenne. Je profite de  cette phase silencieuse pour envahir le sang  et ses cellules. Désormais, plus rien ne m’arrête. Je progresse à pas de géants et je romps l’équilibre de tous les organes sur mon passage. Je finis par attaquer les reins et le foie et c’est là où tout se complique.  Je deviens capable de fabriquer des caillots dans le sang qui se prolongent par des hémorragies internes  excessivement graves. Je mets ainsi la vie de mon hôte en danger. Je vais même jusqu’à le tuer  dans un tableau qui serait trop long à détailler.

Comme vous voyez, je ne suis pas fréquentable. Il faut vraiment m’éviter. Pour cela, des précautions sont obligatoires surtout en présence de personnes infectées. Soyez rigoureux et protégez-vous et n’entrez pas en contact direct avec ce qu’on appelle les liquides organiques des personnes atteintes : c’est-à-dire, le sang, le sperme, ses  excrétions et sa salive. Si nécessaire, demandez conseil à ceux qui se battent contre moi. Ils vous seront de bons conseils. N’improvisez pas, vous risquez de vous prendre à votre jeu et vous le regretterez  amèrement.

Parce qu’il n’existe pour l’instant aucun traitement curatif, et parce que  l’évolution est fatale dans 60 % à 90 % des cas ;  vous avez tout intérêt à rester vigilants. Ne cherchez pas de vaccin pour vous protéger. Il n’en existe pas pour l’instant. Restons optimistes car on nous annonce des vaccins en cours d’études cliniques. Ils devraient tôt ou tard aboutir et dans ce cas, je connaîtrais le sort de mon cousin, le virus de la variole.  D’ici-là, restez sur vos gardes.

Dr. Pierre Achard

 

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