• Plutôt responsables que victimes : la volonté d'agir et de changer
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Agité, l’autiste trouble la marche stéréotypée des institutions : celles théoriquement faites pour l’accueillir.   Le dévouement et la disponibilité des éducateurs atteignent progressivement une limite. Après tout, ils ne sont pas là pour se faire mordre ou être frappés. Leur formation est souvent insuffisante.  L’empathie ainsi que la bonne volonté  finissent par saturer.   Cela ne peut pas durer et au bout de quelques années de coexistence, et pour avoir la paix ;  le personnel fait pression sur la direction pour mettre un terme aux agissements voire à la présence du jeune « agité » dans l’institut.

  1. On commence par convaincre le médecin responsable qu’une révision du traitement  devient nécessaire
  2. En bon salarié, il s’exécute.
  3. Les traitements seront « fortifiés » pour restaurer le calme.
  4. Abrutir ou exclure, le choix est vite fait !

Les semaines passent et malgré un traitement plus lourd,  le miracle ne se produit pas. L’agitation persiste et le rejet se fait de plus en plus menaçant.

Les laboratoires pharmaceutiques émettent les hypothèses les plus extraordinaires pour obtenir une prescription; en attendant de mieux comprendre les neuromédiateurs du cerveau que leurs produits sont supposés mobiliser.

Si les neuroleptiques sont difficiles à sélectionner, à prescrire et à doser ; que dire alors de leur association entre eux ?

  1. Des cocktails regroupant deux ou trois produits sont ainsi préparés sans la moindre garantie d’un bénéfice thérapeutique pour l’autiste.
  2. « Bois, tu seras plus calme mon fils ! »
  3. Les interactions médicamenteuses passent au second plan pourvu d’obtenir la sédation. Qui a parlé d’assommer les plus agités d’entre eux ?
  4. On va pouvoir alors ranger les récalcitrants au « parking » hospitalier. Les parents n’auront rien à dire. Ils se contenteront de remercier les donneurs de sédatifs avec le respect que leur position de faiblesse impose.

L’état ne fait pas grand-chose face aux carences de structures et de personnels qualifiés.  L’exil dans les pays francophones limitrophes est une solution. Le plus souvent, elle  n’apporte  que l’illusion de régler des problèmes qui perdurent depuis trop longtemps.  Cela fait des années qu’on fait croire aux parents que les solutions approchent. A ce jour, elles  restent  illusoires. En attendant, les  parents vieillissants sont fragilisés par la maladie. La bataille se terminera – faute de combattants.

Pierre Achard

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