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« Donner- Recevoir et Rendre », voilà une triade qui scelle les liens qui nous rapprochent les uns des autres. Une cascade de gestes répétitifs et tendres où l’on ne cherche pas obligatoirement la valeur économique de l’objet offert mais sa dimension symbolique, celle de notre amitié.

Par définition, la gentillesse est désintéressée et le bénéficiaire n’est pas obligé de rendre à la hauteur de ce qu’il a reçu. Il peut ne rien rendre du tout. Ce n’est peut-être pas la situation idéale. L’absence de lien entre le prix de ce qu’il a reçu et sa valeur relationnelle, justifie de ne pas interrompre le cycle « Donner- Recevoir et Rendre ».

Ne pas rendre nous met en position d’infériorité relationnelle par rapport au donneur. Elle peut rompre le lien social que ce dernier a cherché à créer et que nous décidons de ne pas prolonger. Dans les deux cas, il y a rupture de lien social.

Ainsi, le don est suivi d’un contre-don avec toujours la possibilité de ne pas lui donner suite.  Au départ, le receveur n’avait rien demandé.  A l’arrivée il est supposé jouer le jeu. Ce faisant, il consolide ou rompt le lien social que le donneur a voulu initier. Et si derrière sa générosité le donneur cachait un dessein bien plus compromettant ; le don se transformerait alors en manipulation et le lien social ne se ferait pas.

La valeur du contre-don ne doit pas être proportionnelle à celle du don. Nous ne sommes pas dans un donnant-donnant classique et encore moins dans une opération purement commerciale.  Ce que nous donnons comporte en réalité deux composantes. La première est sa valeur intrinsèque et commerciale ; c’est à dire ce qu’elle coûte. A côté de cela elle porte en elle une autre composante bien plus sympathique et en rapport avec la personnalité du donneur. Une valeur intangible bien plus précieuse que la valeur réelle de l’objet donné. Elle seule entre en compte pour consolider le lien social à établir et qu’elle  renforce.

Certains  receveurs se trouvent mal à l’aise et en position d’infériorité relationnelle voire même de dépendance.. Qu’ils se rassurent ; car ce qui définit la nature des échanges c’est avant tout la réciprocité ; celle qui se retrouve au départ de tout lien social.

Le refus de donner, recevoir ou rendre signifierait une rupture des rapports sociaux ; c’est refuser l’alliance et la relation. Si le donneur décide d’offrir ce que le receveur ne peut pas rendre, il crée par son geste purement symbolique une différence sociale qui peut gêner le bénéficiaire. En tous les cas, elle ne permettra pas d’initier le lien social.

Ne pas pouvoir rendre — ou ne pas pouvoir rendre à la hauteur de ce que l’on a reçu — ne nous met pas en  position d’infériorité lorsque nous rétablissons l’équilibre en plaçant la valeur relationnelle au-dessus du coût de l’objet donné.

Pierre Achard

 

 

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