• Plutôt responsables que victimes : la volonté d'agir et de changer
Menu du haut
  • Plutôt responsables que victimes :
    la volonté d'agir et de changer
  • PierreAchard.fr : un blog pour apprendre et encourager le partage

Si la conviction « déplace des montagnes », en voici un exemple publié à la fin desannées soixante et largement repris et analysé par de nombreux auteurs.

Dans Pygmalion in the Class room : Robert Rosenthal décrit l’expérience désormais classique montrant à quel point la conviction et la confiance sécurisante peuvent avoir un effet miraculeux sur les élèves.

A la fin des années 60, à San Francisco, le proviseur d’un collège convoque trois enseignants dans son bureau.                                                                            -« Messieurs, leur dit il, cela fait un moment que nous vous observons et nous sommes arrivés à la conclusion que vous étiez les trois meilleurs professeurs de cet établissement. A cet effet, nous avons décidé de vous récompenser  Vous aurez chacun, la responsabilité d’une classe regroupant les élèves les plus brillants et les plus prometteurs de l’établissement. Leur sélection a été faite en partant des tests de QI que nous avons effectués. Nous comptons sur vous pour qu’ils continuent à progresser de 20 à 30% dans leurs performances scolaires et nous sommes persuadés que vous y parviendrez. Néanmoins ajouta le proviseur, nous ne souhaitons pas décourager les autres enseignants de l’établissement en leur révélant le contenu de notre décision. Nous comptons sur votre discrétion : pas un mot aux élèves ni à leurs parents de ce choix qui doit rester strictement un secret et que nous partagerons ».

Les enseignants étaient fiers d’être les meilleurs, fiers d’avoir été remarqués, fiers d’enseigner aux meilleurs du collège et fiers de pouvoir contribuer à les faire progresser davantage. Un vent d’enthousiasme les anime et les porte aux efforts les plus extrêmes. Si l’élève n’a pas compris c’est bien la pédagogie qui est remise en cause et non son incompétence.

Les jours passent et le temps finit par confirmer les attentes du proviseur. Les élèves avaient fait un bon significatif et les résultats étaient conformes aux attentes.

A nouveau le proviseur convoque les enseignants dans son bureau pour les féliciter et applaudir leurs  efforts.

« Ce n’est pas nous, fut la réponse des professeurs, ce sont les élèves, c’est aussi votre initiative et votre décision. Nous avons réussi parce que vous nous avez attribué les meilleurs éléments ».

Le proviseur leur explique alors qu’aucun test intellectuel n’a été fait pour sélectionner les « meilleurs » élèves. Nous avons procédé par un tirage au sort:  le hasard et non le Quotient intellectuel (QI ) a permis la répartition des élèves par classe.

Surpris, les professeurs ne pouvaient s’expliquer de si bons résultats. « Si ce ne sont pas les étudiants, ce sont leurs professeurs qui sont les plus doués et qui ont fait
l’essentiel de l’apprentissage ». Là encore, le proviseur explique  qu’ils n’avaient pas non plus échappé à la sélection par tirage au sort et que leur choix ne reposait sur aucun critère de performance.

En réalité, la conviction et l’intensité de l’attente exprimées au départ par le proviseur ont engendré une dynamique auprès des enseignants qui ont tout fait, pour ne pas décevoir la confiance du proviseur.

De même, l’attente des enseignants a eu un effet significatif sur la motivation et la performance de leurs élèves créant des prophéties auto réalisatrices.

Pierre Achard

 

Et si vous donniez votre avis ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close