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Il n’y aura jamais suffisamment de mosquées pour accueillir l’ensemble des fidèles  dès lors qu’ils sont tenus de se réunir le vendredi  à midi. Il y en aurait encore moins si les femmes s’y rendaient aussi. Faute de places, les fidèles  essaiment un peu partout dans les rues avoisinantes. Cela fait dire aux uns, que les musulmans sont maltraités et victimes de discrimination.  Pour les autres, la rue appartient à tous, qu’ils soient musulmans ou non. Une situation qu’ils assimilent à une « invasion » du territoire national et contre laquelle ils se déchaînent.

Ce constat est universel.  Il suffit de se promener dans le monde arabe un vendredi à midi pour être stupéfait de voir que même en terre d’islam il manque de places. Les fidèles sont toujours plus nombreux dans les rues. Comme l’islam gère les traditions locales, le fidèle n’éprouve aucun scrupule pour s’installer un peu partout. Il  déroule  son tapis et ne se pose même pas la question de savoir s’il bloque ou non la rue. Pour une heure ou deux par semaine,  la loi divine déborde et les non-musulmans n’ont qu’à bien se tenir. Ils finissent par s’y habituer.

Cela ne fonctionne pas comme ceci en Europe d’où la succession de problèmes que nous vivons et qui finissent par alimenter les discours haineux d’un côté comme de l’autre.

Et si tous les chrétiens se donnaient rendez-vous au même moment tous les dimanches à midi,  les églises ne seraient pas désespérément vides. Les fidèles  seraient peut-être tentés de  déborder le cadre restreint  de la chapelle pour pouvoir rester en communauté. Entre bloquer les rues et s’organiser, ils ont fait leur choix. Ils ont décidé d’étaler les heures de célébration de la messe: non seulement le dimanche à 11 heures mais également, la veille ou à d’autres heures de la journée. Ainsi, nous ne risquons pas de voir des prie-Dieu dans les rues avoisinantes.

On n’est pas plus croyant en ne se retrouvant pas tous ensemble au même moment. Cela évite d’envahir les rues et met à l’abri de  réactions d’islamophobie. Après tout, il s’agit simplement de se mettre en cohérence avec les règles et les lois du pays. Cela met également fin à des spéculations inintelligentes comme celles émises par M. Boubakeur, appelant à transformer les églises « supposées vidées de ses fidèles » en mosquées « engorgées de ses adeptes’.

Il n’y aura jamais assez de mosquées en France,  tant que la pratique religieuse dans l’islam ne fait aucun effort d’adaptation aux réalités de l’environnement. Celui-ci n’est pas celui retrouvé dans les pays d’origine. Place à la créativité sans blasphémer ni perdre en authenticité; L’européanisation des cultes est plus que jamais nécessaire.

Pour un instant, imaginons le contraire. Si dans un pays musulman,  les chrétiens autochtones demandaient aux musulmans de leur donner une mosquée pour faire face au nombre croissant de leurs fidèles ; je laisse imaginer la véhémence de la réponse qui leur serait faite. A l’heure où l’on brûle les églises et où l’on persécute les chrétiens d’Orient, il ne serait pas prudent d’insister.

Il ne devrait pas exister une  « oumma » dans une « oumma d’accueil» . Cette situation est conflictuelle. Au lieu de parler inlassablement de stigmatisation visant la communauté musulmane, les musulmans disposent de moyens simples et à leurs portées,  pour éviter la multiplication des conflits, rationaliser le sacré et repositionner leur religion dans la sphère privée. Ils en sont largement capables.

Il ne s’agit pas obligatoirement d’un manque de places, mais d’une question d’adaptation et d’organisation.

Pierre Achard

 

 

 

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