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Au cours d’un entretien télévisé, Madame  Myriam El Khomri, ministre du Travail chargée d’inverser la courbe du chômage ; se montre incapable de répondre à une question sur les CDD. Son hésitation, pire, son silence porte sur son cœur de métier et cela met mal à l’aise. Quel crédit conserve-t-elle  auprès de ses interlocuteurs médusés devant de telles lacunes?

La façade courtoise, qu’ils lui accorderaient suffirait-elle à restaurer  le crédit dont elle a besoin pour améliorer les conditions de travail dans notre pays? Rien n’est moins sûr.  Madame  la  ministre du Travail doit remettre sa démission. C’est ce qui se serait passé si nous suivions les exemples des autres grandes démocraties de la planète. C’est ce qu’elle doit aux français qui sont dans l’attente de solution à une situation du travail qui perdure.

Tout le monde a le droit de se tromper. L’erreur est souvent compensée par la bonne volonté et le travail. Mais là où la compétence n’est pas, il faut du temps pour l’acquérir ; et du temps, la France n’en a pas.

Que diriez-vous de la nomination d’un chirurgien à la tête d’un service hospitalier et qui se trompe en confondant deux artères ou en prenant un muscle pour un autre. Il a la bonne volonté certes ? Il devrait néanmoins réviser son anatomie et en attendant, il cède sa place à plus performant que lui.

Pour ne pas se tromper, il suffit de ne rien faire, de ne prendre aucun risque et de laisser passer le temps. Dès l’instant où l’envie d’agir nous prend, il faut se faire à l’idée que le risque d’erreur sera le prix à payer. En contrepartie,  expérience et apprentissage seront au rendez-vous. Ceci ne s’applique pas lorsque l’enjeu engage le devenir du marché du travail. En attendant, d’acquérir les compétences qui lui font défaut, elle ne peut occuper un poste que d’autres dans ce pays sauraient mieux remplir.
Cette erreur par ignorance modifie le regard que porte les autres sur celle qui la commet. Il y a les observateurs comme nous,  qui se permettront de critiquer sans conséquences directes pour le pays. Il y a également les autres responsables économiques et décideurs qui construiront sous l’autorité de la ministre, l’avenir du pays. Ils devront sans arrêt, vérifier, s’assurer que ce qu’elle avance est réel. Voilà un climat qui ralentit les prises de décisions. Celles-ci seront du niveau de compétence les plus limités des participants. Pourquoi prendre ce risque ?

Cette erreur par ignorance encourage ses adversaires politiques à afficher leurs forces et  à élargir le fossé entre la ministre et ses interlocuteurs. Désormais  la méfiance a fait son apparition et l’engagement ne saurait se faire sans un minimum de vérification. Qui sème le doute emprunte une voie en titubant pour atteindre ses objectifs avec retard

Malheureusement pour notre ministre, son atout  a pris  un coup d’usure. Sa crédibilité ne sera plus la même et pour longtemps.   Un ministre est supposé dominer les sujets qu’il ou elle traite. C’est le prix à payer quand on accepte de jouer dans la cour des grands.

Pierre Achard

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