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Le pape François a réussi son coup médiatique. En donneur de leçons, convaincu de ce qu’il avance, il a véhiculé un message de fermeté et de générosité. Pour les uns, il est dans son rôle de chef spirituel. Pour les autres, il en fait trop, voire se mêle de ce qui ne le regarde pas. Manifestement il a frappé vite et fort.

Par son geste, il surprend et se donne pour objectif de  réveiller une empathie européenne qui peine à s’organiser. Il a agi selon sa conscience et personne ne pourrait le lui reprocher. A terme,  quelle est la réelle portée de ce déplacement? Probablement un mélange de spiritualité, de culpabilité et la nostalgie d’une chrétienté qui trouve enfin l’occasion de se faire entendre. Que n’a-t-il pas fait le déplacement pour véhiculer les mêmes messages à ceux qui n’ont cessé de vider le Proche Orient de ses chrétiens.

En réalité, le spectacle n’aurait pas valu le déplacement si le pape François rentrait chez lui sans familles musulmanes. Son one-man show laisse perplexe surtout qu’aux yeux de ses fidèles,  il est  supposé se battre non pour vendre son image mais pour réconforter ceux qui lui font confiance. On aurait du mal à imaginer les frères musulmans faire le voyage et revenir en terre d’islam avec trois familles chrétiennes.

Les plus zélés parmi nous, y verront un geste d’amour, une leçon d’humilité, une initiative à imiter. De nos jours, le « Qu’as-tu fais de ton frère » ne peut fonctionner que lorsque la réciprocité est respectée. Le rapprochement  des religions passe par un combat pour une tolérance partagée et non une simple bouffée médiatique qui frôle la trahison. L’enthousiasme théâtral laisse indifférent tant que  l’initiative médiatique ne sert que son auteur.

On ne tend pas sa joue droite à celui qui vous persécute sans un minimum de courage. Le pape l’a probablement eu,  même s’il devait aller jusqu’au bout de sa démarche. Il devait poursuivre son pèlerinage médiatique aux pays limitrophes qui ont accueilli des pourcentages significatifs de réfugiés. Il devait rester parmi les siens quelques jours et non seulement passer en spectateur bienveillant. Plus encore, il devait aller à Gaza pour réconforter tout un peuple sous une occupation inhumaine qui n’en finit plus. Il devait aller en terre d’islam pour redonner espoir aux chrétiens que l’on chasse au nom d’un Dieu impitoyable. Le Christ l’aurait fait ; pourquoi  pas lui !

Pierre Achard

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