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Prenons l’exemple d’une entreprise qui invite dix de ses salariés à participer à un forum, un salon ou une réunion commerciale de grande importance. Pour consigne, chacun des salariés est prié de rapporter deux bonnes idées rencontrées par jour et ce pendant toute la durée du forum c’est à dire quatre jours. Autrement dit, il est exigé de chacun des participants un total de huit bonnes idées pendant la totalité de son séjour en dehors de l’entreprise. Pour les dix salariés, cela fait un total de quatre-vingt thèmes à « importer » sans frais et pour l’entreprise la garantie d’un amortissement du coût de leur participation au forum.

Cela paraît à priori évident, mais la réalité est toute autre. Sans exagération, nous observons en permanence l’apparition de freins de toute nature dont l’effet sera de porter un coup d’arrêt à la capacité innée que nous avons de nous étonner.

Ces freins se regroupent sous des expressions multiples tels  le refus de la diversité et  de l’idée importée, le refus de regarder les problèmes sous un œil différent, la préoccupation obsessionnelle de contrôler les événements et d’avoir raison, l’impression d’avoir tout vu ou presque, l’impression d’être au courant de tout avant même de regarder ce qui est proposé, la peur de l’inattendue, enfin, la poursuite  d’un projet qui nous tient à cœur et qui a fait par d’autres la preuve de son inefficacité.

Rappelons-nous qu’un lien existe entre notre volonté à apprendre et notre étonnement face à des événements inattendus. L’arrogance accompagne l’ignorance et recouvre l’individu d’une couche imperméable à tout apport extérieur. S’étonner c’est bien, encore faut-il véhiculer son étonnement, le crier fort, le faire partager et accepter de prendre le risque d’évoquer ce qui pour d’autres ne serait que banalité.

Nous pensons qu’une forte dose de confiance en soi est nécessaire à l’étonnement comme l’est également la tolérance de l’environnement à l’erreur et le refus de l’immobilisme collectif. A chacun son étonnement dirions-nous comme pour insister sur le caractère unique de l’apport de chacun par l’originalité de sa personne, sa compétence, son expérience et sa propre vision du marché et du consommateur qui s’en dégage.

Nous entendons encore très souvent des expressions du style « c’est lui qui est mieux placé que moi pour remonter les informations » comme si l’étonnement était une caractéristique hiérarchique qui dispense les autres salariés de rester vigilants et prêts à signaler tout ce qui sort des sentiers battus. « L’étonnement fait partie des responsabilités de tous les salariés quelles que soient leurs fonctions et leur pouvoir hiérarchique. Il tisse un lien extraordinaire entre eux, un lien aimanté qui n’a pas peur d’attirer tout ce qui renforce la capacité innovante de l’entreprise.

« Rien de bien nouveau » écrivent les uns ; « discours de vieux combattants » répondent les autres ; juste pour rappeler l’hymne à l’irresponsabilité et au cloisonnement de chacun dans sa coquille bâtie d’à priori multiples et variés. A  défaut de s’étonner, l’on se met à critiquer tout ce que font les autres, pour se justifier, pour avoir raison et perdre au fur et à mesure la réactivité que tout changement appelle de ses vœux.

Pierre Achard

 

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