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Retirer un individu dangereux de la société est un acte salutaire qui vise à le mettre hors d’état de nuire. Un geste destiné à rassurer et à protéger les citoyens que nous sommes avec en prime le rappel à qui veut bien l’entendre : la loi s’applique à tous. L’exclusion punitive reste l’arme imparable qui attend tous ceux qui transgressent les normes établies. Pour autant, le problème reste tel quel puisqu’il  ne s’accompagne pas suffisamment de mesures destinées à aider voire à encourager le détenu à réintégrer la société qui l’a rejeté. A ce dilemme, aucune solution ne semble facile à appliquer. Les partisans de la position dure se satisfont de l’exclusion ; les autres appellent à plus d’ouverture en évitant tout laxisme béat.

Que s’est-il réellement passé ? Comment se retrouve-t-on en marge de la société? Un enchaînement qui exprime souvent un passé malheureux et un vécu accablant. Le geste impulsif ou délibéré ne se fait pas attendre. La violence s’installe. Elle est souvent insupportable. Quand les normes sociales sont bafouées, la sanction ne se fait pas attendre ; c’est l’exclusion. Le  détenu se retrouve alors  dans un isolement physique et moral difficile à supporter. Il est entouré d’individus qui partagent avec lui la haine de la société qui les a rejetés. On parle des « marginaux » pour ne pas dire les « exclus ». Ils sont en surnombre et les solutions d’intégration restent embryonnaires.

Ce qui est inquiétant dans tout cela, s’exprime en termes d’espérance de vie et je m’explique. Si vous êtes mis de côté à 20 ans pour des faits odieux et si vous êtes condamné à l’exclusion punitive de cinq ans ; il vous restera 50 ans à survivre au milieu de ceux comme vous  qui n’ont pas pu ou voulu se réintégrer. Pourquoi 50 ans ; parce qu’avec une espérance de vie de 74 ans, sorti de prison à 24 ans, il vous restera 74-24=50 ans à fréquenter une société parallèle sans lien avec celle que fréquentent ceux qui n’ont pas connu l’exclusion.

Enfermé dans la société des perdus, la probabilité de développer son plein potentiel et de s’en sortir est faible. Les vrais chiffres sont probablement en deçà de ceux que l’on aurait souhaité pour voir ces anciens exclus, sortir de leur isolement et réintégrer les normes sociales qu’ils ont transgressées.

Cela rappelle l’énigme des enfants sauvages, qui faute de pouvoir se développer au milieu des autres, perdent leur dimension humaine. Leur potentiel s’éparpille laissant libre cours aux critiques les plus cruelles et soigneusement enrobées d’une morale qui n’en est pas une.

On n’a pas le droit de ne pas respecter les règles de la société dans laquelle on vit sans en être exclu. On ne peut non plus vivre indéfiniment en marge de la société.  Brassens avait raison de nous rappeler que  » Les braves gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux.  » Encore faut-il créer des passerelles de survie pour que leur exclusion ne s’éternise pas.

Pierre Achard

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