• Plutôt responsables que victimes : la volonté d'agir et de changer
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La plupart des victimes de harcèlement sont des femmes.  Elles sont rarement poursuivies par un collègue. Le plus souvent il s’agit de pression exercée par un supérieur hiérarchique. Quelle que soit la stratégie du mâle dominant,  son objectif reste avant tout, celui d’obtenir des faveurs sexuelles.

« Si tu es sympa, je le serai aussi” ; « si tu ne l’es pas, je ne suis pas responsable de ce qui pourrait t’arriver ». Le chantage répugnant est lancé.   On n’est pas dans un jeu de séduction mais bien dans une  volonté affichée de domination. Un exercice d’autorité qui se fiche du consentement de la victime. Un rapport de force qui en dit long sur les convictions misogynes de l’agresseur et de la violence de sa vision des relations interpersonnelles.

Tout devient possible. Du geste en apparence anodin aux tentatives d’intimidation voire d’agression. Le spectre est large. Il n’y a pas de hiérarchie permettant de distinguer un geste d’un autre. Le but est le même et les zéro tolérances doivent s’appliquer sévèrement et à tous les niveaux.

La mise en scène varie en fonction de l’inspiration morbide du moment. On se rapproche de sa victime, on se penche au-dessus de ses épaules, on frôle son corps, on la touche délibérément, on lui caresse les cheveux. Le tout est accompagné  d’un regard déplacé et malsain. Toute aversion repérée sera vécue par l’agresseur comme un défi ignoble, un crime de lèse-majesté, une résistance à casser. L’agresseur monte en pression et se libère des quelques freins qui auraient pu le raisonner. Voici venu le temps des gestes sexuels inattendus, des remarques, des compliments, des commentaires qui mettent la victime mal à l’aise. S’il se donne le droit de commentaires, c’est qu’il est persuadé que le pouvoir lui appartient. Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin et aller plus loin. Il multiplie les ambiguïtés verbales ; détourne les sujets, se croit autorisé à ajouter des  taquineries lourdes et des blagues sexuelles qui signent son niveau de grossièreté.

A la panoplie des moyens, viennent s’ajouter des termes lourds et non désirés. « Ma poupée, mon bébé, ma belle, « honey ».   Tant que la porte reste fermée, l’agresseur tente de passer par la fenêtre. Il se tourne dès lors vers les cadeaux de plus en plus onéreux et de plus en plus grotesques et à son image.

A aucun moment il n’y aura consentement. L’autorité a ses limites.  Le prince se retrouve bredouille et insatisfait. Il veut sévir pour venger un ego qui vient d’en prendre plein la gueule. Comme tous les hommes de pouvoir, sa libido en effervescence et l’impression d’être irrésistible ne fonctionnent pas à tous les coups. Les femmes « intelligentes » ne sont pas prêtes à céder et encore moins à en encourager des pratiques qui doivent tôt ou tard s’arrêter. Le comble c’est qu’un refus d’obéissance en matière de harcèlement rend l’agresseur encore plus attiré par sa victime.

Au lieu d’incriminer systématiquement la testostérone, les hommes doivent apprendre à se dominer.

Pierre Achard

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