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« Donner plus à ceux qui en ont moins » permet certes de rompre un cercle vicieux et faire surgir au sein des minorités défavorisées, une élite capable de motiver et de mener le groupe auquel elle appartient. Un coup de pouce importé des Etats-Unis dans le cadre de leur lutte pour l’égalité des droits  de leurs minorités ethniques auparavant victimes d’inégalités.

Une discrimination positive  qui autorise l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) de recruter sur dossier une fraction choisie des candidats aux détriments  d’autres jeunes relevant eux, du droit commun du concours. Des mesures qui ne profitent pas directement aux groupes défavorisés mais qui se réduit à sélectionner parmi leurs jeunes, celui et celle qui en bénéficieraient. Là aussi, ce choix se ferait aux détriments d’autres membres de la population « cible ».

Le partage restera aléatoire puisque les critères de sélection s’appuieront  essentiellement  sur des paramètres appartenant à l’identité de l’individu, le sexe,  l’origine étrangère, la couleur de la peau ou la situation socio-économique. Déjà à ce stade, l’accent est mis sur l’appartenance à un groupe en oubliant la valeur propre des candidats, leurs compétences, leurs potentiels et tout ce qui fera qu’ils pourront mener à terme un leadership efficace. C’est comme diraient certains au plus méritant des victimes que reviendrait la lourde tâche d’assurer le relais et exercer les responsabilités de demain.

Des questions restent néanmoins posées. S’agit-il d’une entorse au principe républicain de non-discrimination ? Remet-elle en cause le principe de méritocratie si cher à nos élites ? Sommes-nous en train d’encourager les minorités à ne pas faire d’efforts pour s’intégrer par elles-mêmes dans l’espoir de profiter d’une politique de charité et d’assistance que l’on met en place ? Si la concurrence des individus sur le marché favorise certaines catégories sociales, comment faire pour ne pas marginaliser les autres ? L’arrivée de jeunes par d’autres voies que celles des concours dans nos écoles dévalorisent-elles les diplômes en fin de parcours par affaiblissement du niveau moyen des étudiants ? Enfin, ne sommes-nous pas en situation d’encourager indirectement  les aprioris racistes, sexistes et toutes les stigmatisations que nous cherchons à éliminer ?

Les expériences des pays qui ont favorisé la discrimination positive ne semblent pas concluantes même si le principe séduit. Discrimination positive ou pas, l’essentiel doit porter sur l’ensemble des groupes que l’on écarte avec l’illusion de se rattraper en favorisant les plus méritants d’entre eux.

Bonne Année 2017

Pierre Achard

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